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            Quand on évoque la musique islandaise, difficile de ne pas directement penser à Björk, ambassadrice et pionnière de la musique indépendante aussi volcanique que son île natale. On pourrait également mentionner Sigur Ros, Of Monsters and Men ou encore le récent groupe de rock Kaleo pour démontrer que l’Islande est une source intarissable de talents musicaux. Avec seulement 120 000 habitants, Reykjavik est sûrement la capitale qui compte la plus grande densité au monde de musiciens (professionnels et amateurs) au kilomètre carré ! Punk, pop, rock, indie, les Islandais et ses nouveaux immigrants innovent brillamment dans tous les registres. À la frontière des influences américaines et européennes, c’est surtout de la puissante nature que la musique islandaise puise sa spécificité et son originalité, peu importe le registre ! Partons à la rencontre des couleurs cachées de la scène islandaise avec le groupe Cryptochrome, qui crée un son à cheval entre de l’électro-pop, du rap et du trip-hop.

Une voix et des sonorités hypnotisantes, Una Stigsdottir et son charmant accent islandais lorsqu’elle chante en anglais, sera vous transporter sur les sols magmatiques recouvert de mousse, de lichen d’Islande. Dans leur dernier album, More Human, qui vient de sortir, la belle Islandaise est bien plus présente que dans le précédent album, du nom homonyme, CryptoChrome, sortie en 2013. Et c’est tant mieux ! Seule véritable native d’Islande, tandis qu’Anik, son conjoint et S.O.N. sont originaire d’Allemagne, Una sublime le trio en apportant sa touche magique et féérique d’elfe nordique. Elle amène une touche plus lyrique, une douceur sophistiquée aux sons electro-hip-hop, comme le groupe se définit. Mais ils aiment surtout défier les genres et repousser les frontières, comme ils le prouvent avec leur nouvel album, qui invite au voyage, à la transe et à la découverte d’une (de sa ?) nature sauvage. « Cryptochrome, le groupe weird-core indépendant. Nous définir pourrait aider les gens à mieux nous comprendre, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas se trouver dans plusieurs boîtes à la fois. Electro hip-hop est ce que nous disons être. D’autres disent rap alternatif. D’autres aiment appeler ça éclectique électronique quand d’autres appellent tout simplement ça musique ». Une musique qui transcende et qui se définit surtout par son authenticité et son originalité.

Pour lancer l’album, le groupe a décidé de sortir un clip par mois, avant de sortir l’album le 1er mai 2017. On a ainsi pu découvrir en janvier 2016 le clip très sexy Gameone, réalisée par Salma Cheddadi, une cinéaste marocaine résidant à Paris ou encore un mois plus tard, le psychédélique et tout aussi sexy Clappo,  réalisé cette fois par l’islandais Logi Hilmarsson, qui nous projette dans les magnifiques paysages glaciers et désertiques d’Islande.

À l’origine, Anik et S.O.N. fondèrent dès 1995 le groupe de rap Dark Circle avec le rappeur Hoyx. Ils organisaient des événements hip-hop dans leur ville natale près d’Hamburg. Ils rappent en anglais pour la plupart du temps, avec quelques verses en allemand et parfois même en français, soulignant la sonorité universelle de leurs flows. En 1998, Anik et S.O.N. déménagent à Londres. Ils partent en tournée et collaborent avec de nombreux groupes comme les Foreign Beggars. Anik poursuit par la suite des études aux Beaux-Arts avant de s’installer à Reykjavik dans les années 2000, pour travailler sur des sons LoFi solo expérimentaux, utilisant des enregistreurs, des lecteurs cassettes et des ordinateurs portables. S.O.N. le rejoint rapidement pour un séjour qui s’avère permanent. Anik fait la rencontre de Una et ils commencent instantanément à faire du son LoFi Folk rap ensemble.

Quelques années – et quelques enfants – plus tard, le groupe Cryptochrome voyait le jour en 2012.

Una et Anik forment un couple sur les planches comme dans la vie et leur complicité enfantine humoristique et passionnée émane de leur production sonore. Aujourd’hui, Anik et S.O.N. sont considérés comme des locaux à Reykjavik et c’est dans cette petite île aussi enchantée qu’inhospitalière qu’ils se sentent chez eux. « L’Islande nous inspire puisque c’est ici que nous pouvons ressentir et vivre nos émotions, autant que de s’associer avec elles. C’est l’endroit de la planète que nous avons choisi comme point focal, un endroit très sombre, froid, humide et venteux que nous appelons notre maison. Nous adorons vivre ici. Il n’y a pas d’échappatoire aux forces de la nature et à la fin, on devient une personne plus forte. Le vent, l’eau, la lave, tout cela se trouve ici et nous en faisons également partie » explique Anik. « Être aussi loin du continent et de ses différentes cultures peut aussi devenir isolant. On a tendance à manger comme des rois quand on est en tournée, nos palais sont fatigués des produits importés sur l’île ! »

En tout cas on ne se lasse pas de les écouter cet été, en dégustant une popsicle (glace à l’eau) et en ridant un tricycle ! Pour retomber dans une enfance dont on n’est sans doute jamais vraiment sortie. C’est comme ça qu’on devient plus humain, non ?

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