Je suis une vraie tête de mule, j’ai appris à n’en faire qu’à ma tête. À écouter les petites voix et surtout mon instinct, qui me guide sans fin. J’ai appris à me cogner, à frapper dans des murs, à me heurter et à escalader des remparts. J’en ressors avec des bleus, le corps des fois un peu meurtri, et la caboche un peu sonnée, mais j’ai toujours appris à me relever. Et à m’en aller pour continuer. Quand je traverse un pont, c’est sur un fil ou un bout de bois, un torrent ou un gouffre en bas. Le secret, c’est de toujours regarder tout droit. Une fois de l’autre bord, on pourra regarder et mesurer son exploit, ou se traiter de débile et se dire que plus jamais on n’ recommencera.  Arrêter, je ne suis pas sûre de savoir ce que c’est. Arrêtez de m’embêter, et je vous laisserai peut-être tranquille. Une fois sûre, que je n’ai plus à me faire de bile. Je suis une tête de mule, que ça vous débecte ou que ça vous stimule. Je n’y peux rien c’est comme ça, les chiens ne font pas des chats.

Mon corps est minuscule et en bonne santé, pourtant tel l’autre grand malade, il est directement connecté, entre mes pieds, mon con, mes tripes, mon cœur, ma gorge et ma cervelle, les fluides circulent, à vous en faire perdre haleine. Si mon sang est aussi épais qu’un sirop, il se liquéfie dès que mes sens réagissent à autrui, ou aux paysages. Je fonds, je brûle et je hurle, à l’intérieur, évidemment. Pas besoin d’en faire des tas, il y a des écrans faits pour le cinéma. Pas besoin de vivre des mélodrames aux quotidiens, il y a assez de gens qui vivent ça dans d’autres méridiens. Des fois il ne faut pas oublier la chance qu’on a, de pouvoir respirer sans boire la tasse. De pouvoir souffler dans une paille et faire des bulles, de fumer et de boire un café chaque matin, d’enlacer et d’embrasser ceux qu’on a ou qu’on voudrait faire sien. Ma famille ne m’a pas vraiment choisi, mais si vous leur demandez, je ne pense pas qu’il m’échangerait. On nait comme on est et on devient ce qu’on sera. Reste juste à faire des choix. Parfois c’est les bons, parfois c’est un regret dans l’âme, qu’on s’éloigne sans pouvoir être sûre de dire au revoir… Adieu, salut, bon voyage, à bientôt, tout ça, c’est juste des mots. Je ne veux pas vous faire de mal, alors je disparaitrai sous le soleil ou sous la pluie. Je réapparaitrais peut-être vers minuit, surement pas dans le désert des milles et une nuit. Mais sous l’ère glaciaire et les aurores boréales, la glace m’a déjà gelé et le soleil me dore, je veille surtout quand je m’endors.

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